Floriane André

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CORONAVIRUS ET FEMME ENCEINTE
Publiée le samedi 21 mars
  • Je suis enceinte, suis-je considérée à risque ?
  • Arrêt de travail
  • Pendant l'épidémie, mon suivi de grossesse est-il modifié ?
  • Que disent les études ?
  • Je suis enceinte, quels sont les symptômes ?
  • Que dois-je faire ?
  • Attention aux anti-inflammatoires et au paracétamol 

Mis à jour le 21 mars 2020 11h24

JE SUIS ENCEINTE, SUIS-JE CONSIDEREE A RISQUE ?

Le Haut Comité de Santé Publique considère que les personnes à risque de développer une forme grave d’infection à SARS-CoV-2 sont les suivantes (le 18/03/2020) :

  • personnes âgées de 70 ans et plus (même si les patients entre 50 ans et 70 ans doivent être surveillés de façon plus rapprochée) ;
  • patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV
  • les malades atteints de cirrhose au stade B au moins
  • les patients aux antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée, ATCD d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • Les diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie ;
  • les personnes présentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale ;
  • les patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • les personnes avec une immunodépression congénitale ou acquise :
  • médicamenteuses : chimiothérapie anti cancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive,
  • infection à VIH non contrôlé avec des CD4 <200/mn³
  • Consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souche hématopoïétiques,
  • atteint d’hémopathie maligne en cours de traitement,
  • présentant un cancer métastasé,
  • Les malades de cirrhose au stade B au moins ;

  • Les femmes enceintes à partir du 3ème trimestre de la grossesse [la publication du 13/03/2020 précisait : » les femmes enceintes par analogie avec les séries publiées sur le MERS-CoV et le SRAS en dépit d’une petite série de 18 cas d’infections à SARS-CoV-2 ne montrant pas de sur-risque ni pour la mère ni pour l’enfant »]

  • Les personnes présentant une obésité morbide (indice de masse corporelle > 40kg/m² : par analogie avec la grippe A(H1N1)

 

Ainsi, le 17 mars 2020, l’Assurance Maladie a publié dans un communiqué de presse, l’ouverture de la télédéclaration des arrêts maladies aux assurés eux-mêmes, notamment les femmes enceintes, avec effet rétroactif au vendredi 13 mars 2020.
Attention toutefois aux régimes spéciaux mentionnés en fin du communiqué.

Mise à jour du 21 mars 2020 : la CNAM (Caisse Nationale d'Assurance Maladie) a précisé ce jour que seules les femmes enceintes au 3ème de trimestre de grossesse peuvent en bénéficier.

Les instances représentatives des sages-femmes conseillent donc aux femmes enceintes de se signaler à leur employeur afin de bénéficier de postes dédiés, et de minimiser leur exposition (travailler hors secteur COVID pour les professions de santé).

JE SUIS ENCEINTE, QUELS SONT LES SYMPTOMES ?

Les symptômes principaux sont les mêmes que pour la population générale :

  • La fièvre (> à 38,5°C) ou la sensation de fièvre
  • Asthénie (fatigue)
  • Toux (souvent sèche)
  • Maux de gorge
  • Ecoulement nasal
  • Essoufflements
  • Dyspnées [difficultés respiratoires]

Des effets possibles :

  • Diarrhées
  • Anosmie (perte de l'odorat)
  • Agueusie (perte du goût)

Selon les dernières recommandations, la sage-femme doit faire le lien avec le médecin traitant pour voir la conduite à tenir.

  • Si vous avez des questions générales sur le virus, vous pouvez aller sur le site internet https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus ou appeler le numéro vert 0.800.130.000 (appel gratuit)

  • Si vous avez de la fièvre, une toux sèche ou des courbatures, vous pouvez appeler votre médecin traitant (mais ne pas y aller sauf s'il vous l'a demandé)

  • En cas de symptômes plus graves, de difficultés respiratoires ou d'urgence vitale, n'allez pas aux urgences, ni chez votre médecin, mais contactez le 15 (ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). Restez chez vous et évitez tout contact direct avec votre entourage. 

   

 

PENDANT L’EPIDEMIE, MON SUIVI DE GROSSESSE EST-IL MODIFIE ?

Concernant l’organisation des soins des professionnels de santé, il leur a été demandé de maintenir les suivis essentiels et de reporter les soins non urgents, c’est-à-dire :

  • Les suivis de grossesse
  • Les consultations de grossesse
  • Les échographies de grossesse
  • La surveillance régulière des patientes ayant une pathologie (monitoring à domicile)
  • Les suivis post-nataux pour les mères et les nouveau-nés
  • Les suivis gynécologiques en urgence

Ces recommandations permettent la prise en charge en première intention des patientes en vue de soulager les hôpitaux et les urgences. Les patientes doivent venir seule au cabinet, sans accompagnant (conjoint ou enfant), et il n’est pas conseillé de se présenter dans un cabinet de soin en présence de symptômes.

Concernant la préparation à la naissance, les recommandations des instances professionnelles sont contradictoires. Ainsi, la téléconsultation a été proposée comme solution.

Dans un autre temps, les laboratoires continuent d’assurer leurs actes, surtout le matin et sur rendez-vous. Les femmes enceintes au 3ème trimestre de grossesse devant limiter leurs déplacements, il a été proposé aux instances de réaliser les examens de biologies à domicile par les infirmières ou les sages-femmes. Aucune recommandations précises n’a encore été émise.

Enfin, au niveau des maternités, les accompagnants ne pourront a priori ni assister à l’accouchement, ni être présents pendant le séjour de suites de couches. Afin de limiter au maximum la présence dans le temps du couple mère-enfant à l’hôpital, limiter les risques de contaminations et la séparation avec les conjoints, certaines maternités réalisent des sorties précoces à 48 heures post-accouchement. Le service de PRADO (programme de retour et d’accompagnement à domicile) ayant été suspendu, ce sont aux patientes de contacter les sages-femmes qui vont les accompagner lors de leur retour à domicile.

 

QUE DISENT LES ETUDES ?

ETUDE DU 20 AU 31 JANVIER 2020 PUBLIEE DANS THE LANCET

"Les précédentes études portant sur l'épidémie de pneumonie COVID-19 associée au nouveau coronavirus SRAS-CoV-2 étaient basées sur des données en population générale. Seules des données très limitées sont disponibles pour les femmes enceintes infectées par le nouveau coronavirus. Cette étude de chercheurs et médecins de l’Hôpital et de l’Université de Wuhan, centre d’émergence de l’épidémie, est donc la première à évaluer les caractéristiques cliniques de COVID-19 pendant la grossesse et le risque de transmission verticale intra-utérine de l'infection. Cette étude publiée dans le Lancet, rassure, bien que menée sur un très faible échantillon.
Il s’agit d’une étude de cas, menée à partir des dossiers cliniques, des résultats d’analyses et les tomodensitogrammes ou scanners thoraciques examinés rétrospectivement pour 9 femmes enceintes atteintes de pneumonie au COVID-19 confirmée par test de laboratoire. Ces patientes ont été admises à l'hôpital Zhongnan de l'Université de Wuhan du 20 au 31 janvier 2020. La transmission verticale intra-utérine a été évaluée par des tests de présence de SARS-CoV-2 dans le liquide amniotique, le sang de cordon et à partir d'échantillons d'écouvillons de gorge néonatals. Des échantillons de lait maternel ont également été prélevés et testés après la première lactation.
Cette petite étude conclut à l’absence de preuve d'infection intra-utérine.

Les 9 patientes ont subi une césarienne au cours de leur 3ème trimestre de grossesse :

  • 7 d’entre elles ont présenté de la fièvre
  • 4 de la toux
  • 3 des myalgies
  • 2 des maux de gorge
  • 2 des malaises
  • 1 détresse fœtale a été "surveillée" dans 2 cas
  • 5 des 9 patientes ont présenté une lymphopénie
  • 0 patiente n'a développé une pneumonie COVID-19 sévère ou n'est décédée (au 4 février 2020)

Chez les enfants :

  • 9 naissances vivantes ont été enregistrées
  • 0 asphyxie néonatale n'a été observée chez les nouveau-nés
  • Les 9 naissances vivantes avaient un score d'Apgar à 1 min de 8 à 9 et un score d'Apgar à 5 min de 9 à 10 (score sur 10)

Des échantillons de liquide amniotique, de sang de cordon, d'écouvillon de gorge néonatal et de lait maternel pour 6 patientes ont été testés pour le SRAS-CoV-2, et tous les échantillons ont été testés négatifs pour le virus.

Les chercheurs concluent à des caractéristiques cliniques de la pneumonie COVID-19 chez les femmes enceintes similaires à celles rapportées chez les patientes adultes non enceintes.

 

CORONAVIRUS : DES DONNEES RASSURANTES CHEZ LES FEMMES ENCEINTES – LE 11/03/2020

Selon des données chinoises, l’infection n’est pas plus sévère pendant la grossesse et semble sans conséquence pour les bébés [il s’agit de l’étude publiée plus haut]. Huijun Chen et ses collègues n’ont pas retrouvé de vulnérabilité particulière. Aucune des neuf patientes n’a développé de pneumonie sévère et aucune n’est décédée. Les enfants, tous nés vivants par césarienne et pour certains prématurés, n’avaient pas de symptômes infectieux et des prélèvements, chez six d’entre eux, étaient négatifs pour le virus.

Discours du professeur Yves Ville, dirigeant de la maternité de l’hôpital Necker (AP-HP) : « Nous sommes vigilants mais pas particulièrement inquiets pour les femmes enceintes. Les virus de la famille des coronavirus que l’on connaît ne sont pas tératogènes [n’induisent pas de malformations] et, jusqu’ici, il n’y a pas d’élément en faveur d’une transmission mère-enfant. » Par ailleurs, « la respiration est gênée en fin de grossesse, mais le SARS-CoV-2 n’entraîne pas d’infection respiratoire plus sévère que la grippe à ce moment de la grossesse. En pratique, si une femme enceinte infectée par un coronavirus accouche dans les deux semaines après le diagnostic, l’enfant sera isolé, car une infection néonatale peut être grave, surtout en cas de prématurité. Les enfants de mère peu symptomatique ne le seront pas, à l’exception des prématurés ». […] Une femme enceinte avec une pneumopathie sévère à SARS-CoV-2 y a déjà accouché [à l’hôpital Necker], son état s’est amélioré après l’accouchement et l’enfant va bien, souligne Yves Ville. Un examen du placenta est en cours.

 

QUEL COMPORTEMENT ADOPTER FACE AU CORONAVIRUS ?

SI JE N’AI PAS DE SYMPTOMES et que je n’ai pas eu de contact étroit avec un cas COVID-19, j’applique les gestes barrières (je me lave les mains très régulièrement, je tousse et j’éternue dans mon coude, j’utilise des mouchoirs à usage unique, je salue sans serrer la main et j’évite les embrassades) et je réduis mes sorties au strict nécessaire : travail (si télétravail impossible), courses, médecin.

SI JE N’AI PAS DE SYMPTOME mais que j’ai eu un contact étroit ou je vis avec une personne malade du COVID-19 : je m’isole à domicile, je réduis strictement mes sorties sauf pour ravitaillement alimentaire, j’applique les gestes barrières (je me lave les mains très régulièrement, je tousse et j’éternue dans mon coude, j’utilise des mouchoirs à usage unique, je salue sans serrer la main et j’évite les embrassades), je prends ma température 2 fois par jour et j’auto-surveille les symptômes de la maladie, je fais du télétravail.

SI JE SUIS UN PROFESSIONNEL DE SANTE NE PRESENTANT PAS DE SYMPTOMES mais que j’ai eu un contact avec une personne malade du COVID-19 en l’absence de mesures de protection appropriées : je m’auto-surveille en prenant ma température 2 fois par jour, j’applique les gestes barrières (je me lave les mains très régulièrement, je tousse et j’éternue dans mon coude, j’utilise des mouchoirs à usage unique, je salue sans serrer la main et j’évite les embrassades), je porte un masque sur mon lieu de travail et avec les malades, je contacte un médecin et me fait tester systématiquement en cas d’apparition de symptômes.      

SI JE SUIS UN PROFESSIONNEL DE SANTE ET QUE JE PRESENTE DES SYMPTOMES EVOCATEURS DU COVID-19 (toux, fièvre, difficultés respiratoires) : je contacte mon médecin, le médecin de ma structure de soin ou un médecin par téléconsultation. Je n’appelle le 15 que si j’ai des difficultés respiratoires. Je m’isole strictement à domicile et je me fais tester systématiquement (les tests en ambulatoire sont possibles).

SI J’AI DES SYMPTOMES EVOCATEURS DE COVID 19 (toux, fièvre, difficultés respiratoires) : j’appelle mon médecin traitant ou un médecin par téléconsultation, je n’appelle le 15 que si j’ai des difficultés respiratoires ou si j’ai fait un malaise, je m’isole strictement à domicile. Je me fais tester uniquement si je suis une personne fragile ou à risque, si je présente des signes de gravité, si je suis déjà hospitalisé, si je suis un professionnel de santé, si je suis une personne fragile en structure collective (EPHAD, handicap). Si je n’appartiens à aucune de ces catégories, un médecin effectue le diagnostic sur signes cliniques. Les tests en ambulatoire sont possibles. 

SI JE SUIS TESTE POSITIF OU SI JE SUIS DIAGNOSTIQUE CLINIQUEMENT : je reste strictement à domicile, si j’ai un rendez-vous médical indispensable je porte un masque pour m’y rendre. En cas de difficulté respiratoire, j’appelle le 15. Je me fais prescrire un arrêt de travail initial d’une durée de 7 à 14 jours, entre le 6ème et le 8ème jour j’ai un avis médical, à distance, pour faire surveiller mes symptômes. En fonction de mon état je renouvelle cet arrêt pour 7 jours supplémentaires. Mon isolement sera levé 48h après la résolution complète des symptômes.    

SI JE SUIS TESTE NEGATIF, je continue d'appliquer les gestes barrières (je me lave les mains très régulièrement, je tousse et j’éternue dans mon coude, j’utilise des mouchoirs à usage unique, je salue sans serrer la main et j’évite les embrassades) et je limite mes déplacements au strict nécessaire.

 

LA PRISE D'ANTI-INFLAMMATOIRES (IBUPROFENE, CORTISONE...) POURRAIT ETRE UN FACTEUR D'AGGRAVATION DE L'INFECTION

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens [AINS, comme l’ibuprofène] sont des médicaments qui peuvent aggraver des infections déjà existantes, avec de grosses complications éventuelles. Ils sont de toute façon déconseillés pendant la grossesse. Il en est de même pour les médicaments contenant du paracétamol (Doliprane, Efferalgan, etc.) qui, lorsqu’il est pris à des doses trop élevées, peut lui-même provoquer de graves lésions du foie, parfois mortelles.

 

 

Sources :

Ministère des Solidarités et de la Santé

AMELI

Le Monde

Le monde

Gouvernement

Le Figaro

OMS

Le Monde

LCI

 

Contact

Maison Médicale
7 allée des Mimosas
57530 Courcelles-chaussy

Tél : 06.48.32.94.95

Mail : florianeandre.sagefemme@gmail.com



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